Relation Homme-cheval : se faire comprendre

Pour construire une relation avec son cheval, le cavalier doit disposer d’un langage qui assure la communication entre l’homme et le cheval. Dans ce principe, nous allons voir comment enseigner au cheval que certains de nos mouvements, de nos gestes ou des pressions qui s’exercent sur lui sont en fait des demandes auxquelles il peut facilement répondre. L’ensemble de ces demandes constitueront un langage qui permet au cheval de nous comprendre.

Un langage pour communiquer

Le langage des aides est le langage partagé par la plupart des cavaliers pour communiquer avec leur cheval. Dans le principe 2 « Poser et faire respecter le cadre », nous avons commencé à enseigner au cheval des codes simples pour prendre le contrôle de ses mouvements et le maintenir hors de notre espace personnel. Dans ce principe, nous allons voir comment inculquer des demandes en s’appuyant sur l’intelligence et la bonne volonté du cheval. Il s’agit d’enseigner au cheval à suivre une sensation (céder à une pression au contact) ou une suggestion (céder à une pression à distance). Le cheval apprend alors à s’arrêter quand le cavalier agit sur son licol, à avancer ou à reculer en suivant la pression du licol, à reculer à distance, à tourner à droite ou à gauche en réponse à l’action du mors, à avancer en réponse à la pression des jambes de son cavalier, etc. L’objectif est que le cheval comprenne les demandes de son cavalier et choisisse de répondre sans que le cavalier recoure à la force.

Quelques demandes auxquelles le cheval apprend à répondre.

Sensibiliser ou désensibiliser

Le cheval apprend en permanence

Le cheval s’adapte toujours à son environnement en découvrant quel comportement adopter pour éviter les situations désagréables et rechercher les situations agréables. Lorsque l’une de ses actions est suivie d’une conséquence agréable, le comportement correspondant est renforcé, c’est-à-dire que le cheval aura tendance à le répéter davantage dans des situations similaires. Par exemple, si un cheval vient à la clôture quand il voit des passants et qu’il reçoit un morceau de pain, il aura ensuite davantage tendance à s’approcher des prochains promeneurs qui s’arrêteront au bord de son pré. À l’inverse, si l’une de ses actions est suivie d’une conséquence désagréable, alors le cheval reproduira moins souvent le comportement correspondant. Chaque interaction Homme-cheval est un apprentissage.
Lorsque le cheval interagit avec l’homme, il apprend en permanence. À chaque fois que le cavalier agit par une action physique, il cède après, c’est-à-dire qu’il arrête son action. Le cavalier renforce ainsi le comportement que le cheval était en train de faire à l’instant où le cavalier cède. Le cheval va chercher ensuite à reproduire le comportement qui a amené le cavalier à céder dans une situation donnée. Le cavalier renforce un comportement souhaité, mais il peut aussi, sans le vouloir, renforcer un comportement non souhaité. On dit d’un cavalier qu’il a un bon « timing » lorsqu’il cède au bon moment, c’est-à-dire à l’instant même où le cheval donne la bonne réponse : ni avant, ni après.

Sensibiliser le cheval à nos demandes

Pour enseigner le langage des aides, le cavalier doit sensibiliser le cheval à certains codes : il doit apprendre au cheval à réagir à ces codes en cédant quand il donne la bonne réponse. Pour ne pas désensibiliser le cheval, le cavalier ne doit pas maintenir la demande quand le cheval a répondu, ni céder avant que le cheval réponde.
Prenons l’exemple du cavalier qui demande à son cheval de partir au pas. Si le cavalier relâche sa pression une fois que le cheval est parti au pas, il a contribué à sensibiliser le cheval aux aides. Si, au contraire, le cavalier relâche la pression de ses mollets alors que le cheval est toujours arrêté, le cavalier a contribué à désensibiliser le cheval aux aides du départ au pas. Si le cavalier maintient la pression alors que le cheval est parti au pas, il contribue à le désensibiliser aux aides, car le cheval ne va pas associer sa réponse à un relâchement de la demande.

Illustration de l’effet du moment où le cavalier cède sur les apprentissages du cheval (en rouge : jambes et assiette activées ; en vert : jambe et assiette au repos).

Extrait du livre La Méthode la Cense, issu du principe n°4 d’éducation du cheval.

Accéder au MOOC Méthode la Cense.